mercredi 17 octobre 2007

Demain avec Frédérique CALANDRA

Paris, le 17 octobre 2007,

Lettre à tous nos camarades socialistes


CherEs camarades,

Demain, jeudi 18 octobre, de 17h à 22h, les militantEs socialistes du 20e arrondissement vont pouvoir choisir leur tête de liste pour mener la bataille des élections municipales. À la fois pour Paris, et pour notre 20e arrondissement.

Librement. Car c’est le retour de la démocratie dans notre section, mise à mal lors des dernières investitures législatives, où les instances fédérales et nationales de notre Parti avaient refusé à la section et à ses militantEs le droit de se prononcer entre les différentes candidates.

C’est une des raisons pour lesquelles une forte mobilisation des militantEs est essentielle : nous avons entre nos mains le destin du 20e arrondissement, la possibilité de nous exprimer et de nous faire entendre, et nous avons le devoir, à l’heure où le risque d’une dissidence est important, de nous mobiliser plus que jamais pour montrer que les socialistes du 20e arrondissement sont debout.

Rénover Maintenant appelle, avec l’ensemble des sensibilités internes, au plus large rassemblement possible autour de la nouvelle candidature de Bertrand DELANOË.

Dans le 20e arrondissement, nous aurons le choix entre trois candidatures : celle de Frédérique CALANDRA, Adjointe au Maire de Paris Bertrand DELANOË, celle de Soulé DIAWARA, et celle de Danielle SIMONNET, Adjointe au Maire du 20e Michel CHARZAT.

C’est naturellement et logiquement que notre secrétaire de section Sandra CHÉLÉLÉKIAN et Rénover Maintenant se sont prononcés tôt pour la candidature de Frédérique CALANDRA, même s’il n’appartient à personne de contester la légitimité, la solidité et l’expérience des autres candidatures.

Car, nous le répétons, la responsabilité des socialistes du 20e est immense dans la première terre de gauche parisienne, et nous croyons Frédérique CALANDRA capable de l’incarner pleinement.

D’abord car c’est à notre sens la candidature du rassemblement.

Le rassemblement ne se décrète jamais, il se construit. Il est parfois utile de se remémorer les étapes de cette construction, et les sensibilités et personnalités qui l’ont rendue possible. Cela évite de s’enfermer dans des alliances de circonstance par facilité ou faiblesse. Tout au contraire, Frédérique CALANDRA, à l’aube de sa responsabilité nouvelle, doit continuer à s’inscrire dans une démarche politique globale, entamée conjointement il y a maintenant de nombreux mois avec notre secrétaire de section Sandra CHÉLÉLÉKIAN, et qui porte aujourd’hui ses fruits.

Offrir à toutes et à tous un cadre de travail serein et apaisé. Privilégier l’écoute et la construction plutôt que les polémiques sans fin et les règlements de comptes politiciens. Imposer un nouveau rapport avec les militantEs socialistes, mêlé de respect, d’attention, de formation, de valorisation, d’échanges. S’ouvrir encore et toujours sur l’extérieur par l’action militante, sur le terrain, plutôt que de s’enferrer dans des conciliabules interminables entre quelques responsables déconnectés de la réalité de notre arrondissement, ou emmurés dans des haines personnelles recuites.

Car il nous faudra bien demain trouver les voies et moyens de l’apaisement et du rassemblement, y compris avec celles et ceux, socialistes, qui se sont égarés dans une candidature dissidente contre notre candidate George PAU LANGEVIN aux dernières élections législatives. La chance de la gauche passe par ce nécessaire rassemblement, qui devra être conduit à la fois avec main tendue, mais également avec fermeté tant sur le contenu de notre projet politique, que sur la conduite et la composition de la liste municipale.

Qui de mieux dans ce rôle que Frédérique CALANDRA, à la fois ouverte mais consciente, combattante parfois aussi contre les quelques dérives locales constatées dans le passé ?

Ensuite, la candidature de Frédérique est pour nous la candidature du renouvellement.

Elle répond à nombre d’exigences, portées par Bertrand DELANOË pour Paris, en liant renouvellement et féminisation avec expérience et parcours.

Elle saura, nous en sommes convaincus, renouveler les pratiques du pouvoir local, asseoir son projet politique sur une équipe diverse, mobilisée et en lien avec la réalité de la vie des habitants du 20e arrondissement.

Elle saura ouvrir notre liste à la diversité militante du 20e, à la fois forces politiques de progrès, associations et acteurs de notre vie locale.

Elle a enfin pris le ferme engagement de ne pas cumuler sa future fonction de Maire avec une autre fonction élective, et de se consacrer ainsi pleinement à la conduite de nos objectifs municipaux dans le 20e arrondissement.

Enfin, la candidature de Frédérique est pour nous celle de la modernité et de l’efficacité.

C’est pour nous la candidate la plus capable de s’appuyer sur les actifs de nos deux mandatures depuis 1995, tout en sachant faire avec conscience, responsabilité et franchise, sans détour, le bilan de notre action politique locale.

Habitante de notre arrondissement depuis plus de 20 ans et femme de conviction et d’action, elle en connaît les attentes, les espoirs, les points forts et les faiblesses.

Elle a une vision de l’avenir de notre arrondissement en termes de logement, de mixité sociale, de transports, de démocratie participative, mais également de développement économique et de développement durable.

Elle soutient le « Paris métropole » qui est une nécessité plus que jamais d’actualité car le 20e n’est pas seul et dépendant de ses communes limitrophes comme l’est Paris.

Le travail commence. Il ne s’agit évidement pas simplement de se réclamer candidate de Bertrand DELANOË. Il ne suffit pas de décréter un large rassemblement, car personne n’est dupe de certains ralliements-revirements. Il s’agit bien de poursuivre une dynamique politique locale, au service de l’intérêt collectif.

Frédérique CALANDRA a les qualités pour incarner notre future Maire. C’est dans l’avenir, dans l’application de sa pratique politique, qu’elle deviendra effectivement la candidate de tous les socialistes du 20e. Les valeurs que portent les militants de Rénover Maintenant devront être entendues : bien que de coutume, dans notre Parti et dans le 20e, les effets d’annonce n’engagent que ceux qui les entendent, nous serons attentifs à ce qu’ils soient mis en pratique, non par opportunisme, mais parce que la rénovation, nous en sommes convaincus, passe aussi par le renouvellement de nos représentants politiques.

C’est donc avec confiance, espoir, et vigilance, que nous appelons l’ensemble de nos camarades socialistes à voter massivement pour la candidature de Frédérique CALANDRA.


Rénover Maintenant 20e



dimanche 23 septembre 2007

Ensemble, une nouvelle ambition pour le 20e arrondissement

Communiqué de Rénover Maintenant 20e – 23/09/07

Les socialistes parisiens sont appelés, le 18 octobre prochain, à désigner leurs têtes de liste, pour Paris et dans chacun des 20 arrondissements, afin de conduire le rassemblement nécessaire des forces de gauche en vue des prochaines élections municipales de mars 2008.

La volonté de Bertrand Delanoë de s’engager à nouveau pour conduire notre projet parisien impulse, sans aucun doute, une nouvelle dynamique que nous soutenons fortement. Dans une perspective collective avec l’ensemble des Parisiens, son projet consiste à donner un temps d'avance à Paris et à faire de notre ville un modèle urbain alliant justice sociale, performance économique, défi environnemental et culturel. Paris a connu une dynamique sans précédent depuis 2001. A nous de contribuer au nouvel élan dont il sera porteur pour les années qui s’annoncent.

Les objectifs qu’il a fixés sont clairs : les équipes au service du projet devront mêler expérience et renouvellement, s’appuyant sur la richesse de la diversité, des générations, des cultures, des expériences économiques, sociales, démocratiques, associatives,... Les têtes de listes auront le devoir de se consacrer pleinement à leur mandat, comme il nous a en donné l’exemple en s’appliquant le non cumul strict.

Dans notre 20e arrondissement, la responsabilité des socialistes est immense.

D’abord, première terre de gauche parisienne, notre arrondissement doit être en capacité de montrer l’exemple, et de permettre à Bertrand DELANOË de réaliser ses objectifs. Ensuite, et ne nous le cachons pas, le risque d’une nouvelle candidature dissidente est important, et pourrait mettre la gauche en grave difficulté.

Les socialistes du 20e doivent donc rapidement se mettre en ordre de bataille.

Comment ne pas s’enthousiasmer à cet égard du changement profond que Sandra CHÉLÉLÉKIAN, notre secrétaire de section, a impulsé dans une section il y a seulement 18 mois balkanisée, fermée, engluée dans ses querelles internes et des conflits personnels dépassés?

Félicitons-nous collectivement d’avoir su, autour d’elle, changer radicalement les méthodes de prise de décision et d’expression des adhérents. Chacun y a désormais sa place et son rôle, sans sectarisme, au service de nos ambitions collectives. Chaque militant peut enfin se sentir chez lui dans la section du 20e arrondissement, et cette avancée majeure va nous permettre d’aborder, pour la première fois depuis plus d’une dizaine d’années, la question de notre projet de territoire, de nos équipes et de nos futurs élus dans un cadre de travail serein, apaisé et productif, définitivement tourné vers l’extérieur, vers les habitants du 20e arrondissement qui nous regardent et nous attendent.

C’est ce qu’il nous faut rechercher maintenant : la personnalité qui, appuyée sur cette nouvelle force en marche, saura, une fois devenue Maire, incarner le renouveau de l’exercice des responsabilités, avec tous les socialistes, en faisant profiter à notre bel outil collectif de tous ses talents rassemblés.

Car il ne nous suffira pas de se contenter de continuer à gérer, mais bien d’inventer, à l’aube de notre troisième mandat local, un projet novateur et ambitieux, inventif et sérieux, radical et responsable, en s’appuyant sur les acquis considérables des deux mandats municipaux dans le 20e arrondissement, et du dernier mandat parisien de Bertrand DELANOË.

Nous avons donc le devoir, en responsabilité, d’incarner le rassemblement le plus large possible, la rénovation de notre exercice du pouvoir local, le rajeunissement, la diversité, le renouvellement et la féminisation de nos équipes, et en priorité celle de nos têtes de liste dans les arrondissements. Oui, disons-le clairement : le 20e arrondissement doit montrer l’exemple, et formons le souhait qu’une femme puisse porter nos espérances en mars 2008. Nous ne manquons pas de femmes de talent, de courage et d’expérience, à la capacité de rassemblement avérée.

La question qui nous est posée aujourd’hui est exclusivement locale : il s’agit bien de désigner la meilleure personnalité pour conduire une équipe diverse, qui devra, quoiqu’il arrive, rassembler tous les socialistes, quels qu’aient été leurs choix nationaux. Nous en appelons à la responsabilité et à la mesure de chacun. Il ne s’agit pas de poursuivre le débat sur les investitures présidentielles, en maintenant des frontières surfaites. Il ne s’agit pas de raviver à cette occasion des divergences sur la question du traité constitutionnel pour l’Europe. Il ne s’agit pas plus de remplacer une supposée baronnie locale par une autre.

Non. Car les enjeux et les défis qui nous attendent sont majeurs.

Faire avec courage, lucidité et recul le bilan de notre démocratie participative, laissée à elle-même ces derniers temps, pour lui permettre de se développer et s’épanouir. Réarmer nos outils de justice sociale. Gagner le pari du développement économique pour l’emploi. Réussir à faire de notre 20e l’exemple parisien du développement durable. Poursuivre nos efforts en faveur de la mixité sociale et culturelle. Faire de la démocratie sociale une réalité. Réaffirmer notre attachement à la laïcité. Et tant d’autres défis.

Des défis qui exigent du sérieux, de la constance et un temps entièrement consacré à cette tâche exaltante. Oui, affirmons notre refus catégorique du cumul des mandats, sans périphrase ni entourloupe : exigeons de notre futur Maire qu’il le soit pleinement, à l’heure où notre nouvelle députée George PAU LANGEVIN, viscéralement attachée à ce principe fort, ne saurait transiger sur la question.

Nous avons pour une fois les clefs en main, et la capacité d’affirmer le nouveau visage de notre section, capable de se rassembler sur les objectifs locaux, capable de proposer ses solutions, et en mesure de décider par elle-même.

Faisons le pari, cette fois, de partir ensemble au combat.

jeudi 28 juin 2007

Hyperprésidence? La continuité dans la rupture, par Arnaud MONTEBOURG

Née d’une guerre d’Algérie insoluble, la Ve République porte en elle l’exception de sa genèse. Chaque nouveau président se présente comme l’incarnation d’une rupture à venir, il est l’homme providentiel, la pierre angulaire du régime. À chaque élection présidentielle, le vice originel se révèle de plus en plus pernicieux pour les valeurs républicaines. Initialement parlementaire, notre République est devenue hyperprésidentialisme. La dernière élection présidentielle a, encore une fois, mis en lumière le piège bonapartiste qui fonctionne à merveille.

L’équation électorale se répète à l’infini. Le candidat de la droite a rassemblé les couches populaires oubliées et les classes moyennes précarisées dans l’unique but de satisfaire son propre électorat, la grande bourgeoisie mondialisée qui fit de lui le maire de Neuilly. À la différence de 1851, le coup - d’État n’est plus nécessaire car il est devenu « permanent » depuis 1958.

Nous avons face à nous un président de la République qui fait tout, laissant le reste au gouvernement ; ce dernier n’est qu’un simple cabinet présidentiel dont le moindre début d’initiative peut être contredit dans l’heure par le château élyséen. Tout le monde a d’ailleurs bien compris que ce fantomatique gouvernement n’avait pour seule mission que d’occuper les gazettes et les écrans avant le second tour des élections législatives. Les « débauchés de l’UMPS » jouent obligeamment les utilités sarkozyennes face à des médias toujours plus complaisants et dont la proximité personnelle et politique avec le nouveau chef d’État devrait nous questionner dans une démocratie prétendument mature.

La gauche doit impérativement réaliser que l’élection de Nicolas Sarkozy est inhérente à la dérive des institutions. Celle-ci n’a pourtant pas manqué d’éclaireur. À l’orée de la Ve République, Pierre Mendès France comparait déjà 1958 et 1851 : « Un régime né ainsi dans l’illégalité ne tombera que dans la rue. Ces gens-là ne remettront jamais légalement un pouvoir conquis par la fraude et la menace. » Malheureusement, les compromissions institutionnelles de la gauche au pouvoir ont été trop nombreuses. La faute majeure revient à François Mitterrand qui a exercé le pouvoir en se fondant dans le costume gaullien. De même, en inversant le calendrier électoral pour convenance personnelle, Lionel Jospin a, lui aussi, participé de cette dérive présidentialiste.

Aujourd’hui, la gauche française, et particulièrement son parti organique, le Parti socialiste, a une responsabilité historique. Elle doit, comme j’y invite mes camarades depuis 2002, se rénover de fond en comble en s’appuyant sur toutes ses valeurs pour retrouver la confiance de sa base sociologique naturelle que sont les couches populaires. La question sociale et la question institutionnelle sont intimement liées. Si elle veut revenir au pouvoir durablement pour lutter contre la mondialisation néolibérale, ce nouveau visage inquiétant du capitalisme dérégulé, la gauche doit construire, avec le peuple et pour le peuple, une VIe République. Retrouver la République contre le bonapartisme, réinventer le socialisme contre le néolibéralisme, telle doit être notre feuille de route.

Par Arnaud Montebourg, député PS, fondateur de la Convention pour la VIe République.

Tribune parue le 9 juin 2007 dans l’Humanité, rubrique "L’Humanité des débats"

"Conseil national des blâmes" par Thierry MANDON

Thierry MANDON, Maire de Ris-Orangis et Premier Vice-Président du Conseil général de l’Essonne, est porte-parole de Rénover Maintenant

Dans une province reculée de l’Ancien Empire Chinois, la tradition voulait qu’un chef de guerre rentrant chez lui victorieux soit soumis à la « nuit des blâmes ». Au cours de cette cérémonie méticuleusement organisée, les sujets pouvaient librement adresser au suzerain tous les reproches possibles, des plus fondés, comme la mort au combat d’un membre de la famille, aux plus variés. Il arriva ainsi qu’on reprocha au vainqueur l’affadissement des couleurs des drapeaux sous l’effet de la poussière ou le temps trop long passé à rentrer chez lui après la bataille.

Samedi matin dernier, lors du « Conseil National des blâmes », tous ces reproches et bien d’autres furent adressés à Ségolène Royal : drapeau de nos valeurs bradées aux sirènes centristes, absence ce jour-là qui traduisait le peu d’empressement à rejoindre les siens... Rien ne lui aura été épargné. Mais de la Chine du Moyen-Âge, le Parti Socialiste n’aura finalement retenu que la complexité et l’immuabilité de l’ordre intérieur. Car, pour le reste, le « conseil national des blâmes » n’aura pas eu pour objet de renouer, à travers la libre critique, la relation d’amitié et de confiance entre le valeureux combattant et son peuple, pas plus que de l’inviter à retrouver ainsi sa place parmi les siens. Le flot libéré des critiques n’avait pour seul objet que de fermer la porte à celle qui avait porté nos couleurs et de refermer la trop longue et douloureuse parenthèse qu’avait été, pour bon nombre de nos dirigeants, la campagne présidentielle. Que les sifflets contre les adhérents à 20 €, pourtant votés à l’unanimité des mêmes il y a quelques mois, aient donné la nausée, soit : nous sommes malheureusement convaincus depuis trop longtemps que l’intégration que nous professons pour la société a encore du chemin à faire dans nos rangs ! Mais les vociférations et mâles protestations contre la candidate, sa campagne et ses déclarations avaient pour objectif inavoué de masquer l’indicible : surtout ne rien changer. Au Parti Socialiste, depuis 10 ans, on ne change jamais une équipe qui perd : le Parti du mouvement est devenu le chantre de l’immobilisme.

Nous voici donc repartis avec les mêmes : François Hollande, soutenu par Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius au Parti, une pseudo refondation organisée à la va vite en 3 forums thématiques, des assises qui viendront après, quand on aura définitivement écoeuré tout postulant de venir travailler avec nous, quelques jeunes alibis pour éviter de toucher aux fondamentaux : c’est le scénario 2002.

On parle de refondation. Mais on commence à fermer, verrouiller et exclure, sous le regard distrait et souriant d’un 1er secrétaire qui depuis 10 ans n’aura jamais été là quand il le fallait pour défendre notre intérêt collectif.

Car l’intérêt collectif exigeait l’exact contraire des mortifères décisions de samedi : d’abord ouvrir, consulter, écouter, prendre le pouls d’une société dont notre appareil asséché n’entend plus que le lointain écho le soir des désillusions électorales successives. Ensuite, rendre à notre candidate le bénéfice de l’élan qu’elle a su créer, comprendre combien a du être difficile la campagne présidentielle où les bâtons dans les roues n’ont pas manqué. L’inviter ainsi à participer pleinement au travail de rénovation qui sera nécessairement collectif et ne peut se construire contre le Parti sauf à tirer un trait sur ce qu’il est. En appeler enfin aux militants pour qu’ils participent largement à nos Etats Généraux de la refondation plutôt que de faire siffler les plus nouveaux des socialistes.

Nous voici donc une nouvelle fois mal barrés ! Que faire ? Adhérez ! au risque du paradoxe, il faut dès à présent expliquer à ceux qui aiment le PS et veulent sa rénovation véritable, qu’ils doivent venir l’imposer à quelques dirigeants qui feront tout pour l’interdire. S’organiser ! Car il existe dans le Parti des rénovateurs dans toutes les anciennes sensibilités qui n’en peuvent plus de ces éventuelles luttes sclérosantes et n’acceptent pas les échecs programmés. Penser ! Car il est d’ores et déjà certain qu’à peine ripolinés, nos dogmes étoufferont toute pensée critique. Imagine-t-on nos éléphants dire autre chose que ce qu’ils expriment depuis 25 ans ? Pourtant, c’est en nous attachant à un authentique travail de réflexion et d’imagination que nous donnerons corps à la rénovation.

Je forme le vœu qu’en août prochain, à Fouras, nous ouvrions très largement ce processus d’impertinence collective, proposions d’y associer très largement et librement dans le Parti et hors le Parti ceux qui croient à la rénovation par les idées et réfléchissions dès à présent à l’organisation appropriée de cet « atelier rénovateur » sans lequel, je le crains, militer à gauche n’aurait plu guère de sens. Viendra, plus tard, la question de savoir qui il doit - ou pas - servir. Pour l’instant, il faut qu’il existe, au-delà des uns, des unes et des autres.

Avec une méthode tirée de notre conte chinois : là-bas « la nuit des blâmes » n’était finalement rien d’autre qu’un rappel aux combattants vainqueurs et glorieux de leur devoir d’humilité. La tradition chinoise ne dit pas que ce rappel ait été utile les soirs de défaite. Mais, habitués que nous sommes depuis 3 présidentielles, à la gestion des lendemains de batailles perdues, nous pourrions commencer par cela : l’humilité. Puis tracer le chemin : l’exigence. Le reste viendra alors, en son temps.

Thierry MANDON